YACHT  GEISHA

Cargo - Loft

«Renoncer pour l’obtenir...»

«Renounce in order to obtain...»

 

VN. Eric Poisson, comment peut-on changer de vie aussi brutalement ?

VN. Eric Poisson, how does someone change his way of life so suddenly?

    EP. En appliquant à la lettre la remarquable pensée du grand Cervantès, qui a dit : « on sait ce que l’on veut lorsqu’on sait ce à quoi il faut renoncer pour l’obtenir »

   EP. By literally applying the remarkable teachings of the great Cervantes, who said : « one knows what one wants when one knows what one has to renounce in order to obtain it. »

 

VN. Aucun regret de l’ancienne vie ?

VN. No regrets of your previous life ?

   EP. Si, une grande nostalgie pour la roseraie que j’avais créée composées de 600 rosiers anciens, tous odorants et remontants; une véritable splendeur. Mais aujourd’hui, j’ai la mer pour jardin et je ne désespère   pas de planter un grimpant sur le pont avant.

   EP. Yes, a great nostalgia for the rose garden that I created, composed of 600 ancient rose trees, all of them fragrant and uplifting; a true splendor. But today I have the sea as my garden and I have not given up the idea of planting a climbing rose on the foredeck.

 

VN. Mais la vie de château, vos collections, les objets rares, vos présidences, vos activités dans les musées tout particulièrement celui de Matisse, cela ne vous manque vraiment pas ?

VN. But what about living in a mansion, your collections, the rare artifacts, your presidencies, your activities in the museums particularly the Matisse museum, don’t you miss all that?

   EP. Depuis 8 ans, chaque année de cette nouvelle vie, me renforce dans l’idée que ce fut un choix difficile, certes, mais de loin  le meilleur pour moi. Bien-sûr accumuler les présidences, le pouvoir, la haute société etc... Tout cela est délicieux et grisant jusqu’au jour où la notion de l’éphémère vous rattrape. Et là vous prenez conscience que la conjugaison du verbe « avoir » se fait au détriment du verbe « être ». Que plus on « a » moins on « est ». Et que l’on devient prisonnier de tout ce que l’on possède dont il faudra pourtant et de toutes façons se séparer. Or notre « être » est le bien le plus précieux que nous possédions. Il faut l’entretenir loin du bruit, de la fureur et de la pollution et ainsi n’avoir que le meilleur de son être à offrir à soi-même et aux autres.

   EP. For the past 8 years, every single year of this new life comforts me in the idea that it had been a difficult choice, indeed, but by far, the best one I could have made for myself. Of course to accumulate presidencies, power, mingling with high society etc… All that is delicious and intoxicating, then the notion of the ephemeral nature of life catches up with you. Then you realize that “to have” becomes the opposite of “to be”. The more you “have” the less you “are” and you become a prisoner of your worldly possessions, which ultimately all of us will have to leave behind. Our “being” is the most precious of all our possessions. We have to nurture it away from the hustle and bustle, the pollution, in order to be able to offer the best of what we are to ourselves and others.

 

VN. De toutes ces célébrités que vous receviez au château, quels souvenirs en gardez-vous ?

VN. What memories do you have of all the celebrities you entertained in your mansion?

   EP.  Tout d’abord le souvenir de mes amis : François Spoerry, l’architecte des plus belles cités lacustres à travers le monde et dont les qualités de grand humaniste sont restées gravées dans mon cœur. Helmut Newton, que j’ai beaucoup admiré, qui a réalisé grand nombres de ses photos à Gairaut dont Carla Bruni-Sarkozy qui était un de ses top-modèles préféré. Helmut revendiquait son droit au mauvais goût alors qu’il en était totalement dépourvu. César, l’ami de toujours, bien avant qu’il soit connu, aussi drôle conteur que grand sculpteur. Le plus excentrique, Elton John’s, doté d’une jubilation et d’un créativité intense. Yves Saint-Laurent tout aussi passionnant, enfermé dans un monde intérieur étrange mais dont le géni embellissait la planète. Le roi de Belgique, Albert II que j’ai fait dîner dans ma cuisine et qui en fut ravi.  Hubert de Givenchy, l’élégance,. Françoise Giroud, l’incarnation de l’intelligence qui fut la première et la plus grande femme journaliste au monde et tant d’autres encore ! Et enfin mon meilleur ami Richard Chandler, le Michel-Ange de la finance, un homme exceptionnel, créateur de prospérité pour combattre  la pauvreté.

   EP.  Foremost, the memories of my friends: François Spoerry, the architect of some of the most beautiful waterfront cities across the world, his qualities as a great humanist are forever engraved in my heart.. Helmut Newton, whom I greatly admired, he shot a number of his photographs in Gairaut, including some of Carla Bruni-Sarkozy who was one of his favorite top-model. Helmut claimed his right to bad taste when he was totally devoid of it.  César, my long time friend, long before he became famous, was as hilarious a storyteller as a great sculptor. The most eccentric, Elton John, is endowed with intense jubilation and creativity. Yves Saint-Laurent just as thrilling, a recluse in his own strange world but his genius embellished the planet. The King of Belgium, Albert II. I served him diner in my kitchen and he was thrilled. Hubert de Givenchy, one word : l’élégance. Françoise Giroud, the embodiment of intelligence, she was one of the world’s first and greatest women journalist. And so many more ! Least but not last my best friend, Richard Chandler, somewhat of a Michelangelo in the world of finance, an exceptional man, who creates economic systems, wealth and assets with the ultimate goal of fighting poverty.

 

VN. Et quand vous quittez Geisha vous partez à la montagne ?

VN. When you leave Geisha, do you go up to the mountains ?

   EP. Pas tout à fait, nous allons dans notre résidence secondaire en Méditerranée : le Zanzibar, un délicieux classic-motor-yacht avec un intérieur ressemblant à celui d’une boite de cigare, tout en boiserie rare et précieuse. Vous voyez, nous sommes victime du syndrome de la mer  « abusive » !

   EP. Not quite, we go to our holiday home in the Mediterranean: to “Zanzibar”, she is a lovely classic-motor-yacht, her interior looks pretty much like the inside of a cigar box, nothing but precious wood all around. As you can see we are the victims of an “abusive maritime syndrome”  !

 

 

VN. Donc vous vivez toute l’année sur la mer ?

VN. So, you spend your whole time at sea ?

   EP. Non, une seule exception pour aller assouvir une autre passion, celle de l’opéra, à Venise, à Paris ou à Pesaro. Mais après quatre jours de terre, nous manquons gravement d’oxygène. Nous cherchons des yeux la mer, nous nous sentons orphelin et nous dépérissons.

   EP. No, there is one exception; we need to indulge in another one of our passions, the Opera. This is when we travel to Venice, Paris or Pesaro. But after a few days ashore, we feel cramped, we start scanning the scenery to find the sea, we feel orphaned, like withering away.

 

VN. En définitive Eric, quel est pour vous le plus grand apport de cette vie en mer ?

VN. Ultimately Eric, what is for you the greatest reward of this life at sea?